Chapelle de Bascassan
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Étonnant Bascassan !

XIII° siècle … ah oui, c’est sûr, ça fait un bout de temps. C’est depuis le XIII° siècle que la chapelle de Bascassan voit les saisons défiler au Pays Basque. Ce n’est pas l’un des coins les plus connus près de St Jean Pied de Port, et pourtant, il mérite vraiment un détour. Et c’est pour ça que j’ai choisi de vous parler aujourd’hui de ce coin de Pays Basque …. Hemendik, plazer baduzue ! (“suivez le guide” en basque)

Peio Votre guide Patrimoine et découvertes
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ZANE
Quartier de Bascassan

Un petit coin de village

Je n’aurais pas à suivre longtemps la route pour arriver à Bascassan. Le village n’est situé qu’à quelques 8 kms de son illustre voisin St Jean Pied de Port. Ahaxe-Alciette-Bascassan, c’est un bien grand nom pour un petit village. Comme beaucoup de petites communes, les trois anciens villages, n’en forment désormais plus qu’un depuis le XIX° siècle. Je me dirige vers le hameau de Bascassan.

Un petit pont (il vaut mieux pas croiser quelqu’un), un virage à droite, et je vois le fronton du hameau apparaître sur ma gauche. Je me gare et j’aperçois déjà un peu plus loin la chapelle. La chapelle est aujourd’hui entretenue par les femmes du hameau, mais surtout par Mme Luro. Si vous ne venez pas avec Sylvie de l’office de tourisme pour faire la visite, c’est Mme Luro, qui vous ouvrira bien volontier la chapelle. Elle vous fournira aussi quelques informations sur le lieu et son histoire… et sur un personnage particulier … mais ça, j’y reviendrai plus tard ! Je pousse maintenant l’entrée de St André de Bascassan

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Retable de la chapelle de Bascassan

La chapelle

Outre le fait que sa fondation remonte sans doute au XIII° siècle, à l’époque de la huitième croisade, on ne sait pas grand chose d’autre sur les premiers temps de Bascassan. La première chose que je remarque en entrant dans la chapelle, c’est son retable. Pour une si petite chapelle, on peut dire qu’il en impose ! Entièrement restauré, les dorures sont plus bel effet sur les bleus et les ocres des peintures.

Parce que Bascassan, c’est aussi ça : ses peintures. Dans sa jeunesse, la chapelle était entièrement peinte du sol au plafond. Le passage du temps aidant, j’admire aujourd’hui son plafond peint. Le planétarium du village, il est là ! Une voûte céleste d’un bleu profond et trouée de centaines d’étoiles blanches, m’accompagne tout au long de ma visite.

Alors, il y a aussi des petites choses un peu curieuses dans la chapelle. D’abord, dans la petite loggia, sur la droite du retable, je trouve un tronc avec trois trous. Humhum ? C’est ce que l’on appelle le “tronc des âmes du purgatoire”. Brrrr … en fait les trois petites encoches permettaient d’y glisser des pièces, sûrement pour s’acheter une place de choix pour sa vie dans l’au delà. Et depuis quelques minutes que je foule le sol de Bascassan, je ne peux m’empêcher de remarquer comme des inscriptions sur certaines dalles.

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TU
RAK
Bougie "ezkoa" et jarleku - Bascassan

Les traditions

Eh oui ! la visite de Bascassan permet de toucher du doigt certaines de nos plus anciennes traditions basques. Ces fameux emplacements qui m’ont tapé dans l’oeil, s’appellent des “jarlekuak”. En basque, cela veut dire “l’endroit où l’on s’assoit”. Ils étaient réservés aux femmes des familles dont le nom est gravé dessus. La maîtresse de maison, gardienne de la famille, disposait un drap ou un voile sur cet emplacement et suivait l’office depuis cet endroit.

Dans la société basque, la famille était vue au sens large du terme : les vivants ….. et les morts ! Sous ces emplacements, étaient enterrés pendant longtemps les défunts de la famille. En période de deuil, les femmes faisaient brûler sur cette emplacement, une bougie en cire d’abeille, tressée : un ezkoa.

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ORA
TEGIA
Benoiterie de Bascassan

La maison de la soeur

En arrivant à Bascassan, je ne peux pas m’empêcher de remarquer une toute petite maison accolée à la chapelle. Tiens, tiens … Cette petite maison, c’est que l’on appelle une benoîterie. Benoîterie ? Benoit ? Non ! La benoîterie abritait en son temps une benoîterie, sorte de gardienne de la chapelle et de ses paisibles locataires. “Serorategia” comme on l’appelle par chez nous, en basque ça veut dire la “maison de la soeur”. Et la dernière “soeur” qui a veillait sur Bascassan, c’était Marie Louise Cadiou.

Vous devez savoir que l’institution de la benoîte est quelque chose de propre au Pays Basque. Vous n’en trouverez pas dans le reste du Sud Ouest ou de la France. La première mention qui a été faite d’une benoîte en Pays Basque date du XV° siècle. Quelles étaient ses fonctions ? Comment était-elle nommée ? Qui était-elle ou encore comment était-elle perçue ? Je ne vais pas tout vous dévoiler au premier rendez-vous ….

Sachez toutefois que Marie Louise, une fille bien de chez nous, a été la dernière benoîte d’Europe. Et c’était un sacré personnage notre Marie Louise : une femme de caractère, pleine de ressources et d’astuces, et un personnage important dans le hameau. Mais je ne vous en dit pas plus ….

Si après cette petit lecture vous souhaitez (et je suis sûr que oui !) en savoir plus sur les traditions du Pays Basque, et surtout connaître mieux le personnage de Marie Louise, je vous invite à faire comme moi. Je vous conseille de faire la visite que propose Sylvie, Raconteur de Pays à l’office de tourisme St Jean Pied de Port - St Etienne de Baïgorry. Tous les mardis de l’été, à 14h30, elle vous fera découvrir avec son enthousiasme coutumier et sa passion, la chapelle de Bascassan, avec en prime …. quelques anecdotes bien savoureuses sur notre dernière benoîte !

Le passé façonne l'avenir !

Peio