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"Tout ce qui porte un nom existe"

“Izena duen guztia omen da” ...et oui c’est ce que l’on raconte par chez moi depuis toujours. Qu’est ce que ca veut dire ? Et bien par chez moi on dit que “tout ce qui porte un nom existe” … Vous êtes nombreux à avoir entendu parler de nos petits lutins facétieux que sont les “laminak”. Mais connaissez-vous aussi le seigneur de la forêt et des montagnes ? Ca vous intrigue hein ? Allez suivez-moi pour une balade …. mythologique !

Peio Votre guide Patrimoine et découvertes
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PU
RA

D'or et d'eau

Ils sont très nombreux et surtout très farceurs. Je veux parler des laminak. Pour faire simple, ce sont nos lutins locaux. Ils sont reconnaissables à leurs pattes de canard ou de chèvres, et leurs femmes sont réputés partout en Pays Basque pour leurs splendides chevelures qu’elles entretiennent soigneusement à l’aide d’un peigne en or !

Mais kasu, ne pensez pas croiser un lamin (et oui ce sont des malins ces laminak) comme ça en pleine journée, au détour d’un chemin. C’est qu’ils entretiennent le mystère vu qu’ils sont plutôt des noctambules. Ils ne sont pas fans de la lumière du Soleil, et prennent donc la poudre d’escampette dès que le chant du coq résonne dans la campagne.

Très attachés à l’eau, ils sont également des bâtisseurs hors pairs (notamment de ponts)! Et d’ailleurs, ils se sont fait piégés plus d’une fois par le chant du coq lors qu’ils étaient à l’ouvrage … Découvrons la légende du château de Laustania, à Ispoure ..

# LAU
STA
NIA

Laustania, ou quand un lamin se fait rouler dans la farine

Il y a bien longtemps, le seigneur de Laustania, à Ispoure, trouvant son château trop modeste, demanda aux laminak de lui en construire un nouveau. Les laminak acceptèrent et lui promirent de le lui livrer avant le premier chant de coq après minuit du jour suivant. Mais à une seule condition ! En échange de la construction du château, le seigneur devait leur donner ce qu’il avait de plus précieux : son âme. Il en fit la promesse et les travaux commencèrent.
Ils taillèrent rapidement de belles pierres rouges (je pense que ce devait sûrement être du grès rose) et se les passaient à une vitesse fulgurante. Du haut de l’escalier le seigneur de Laustania guettait les laminak, en tenant fermement un mystérieux paquet gris. Au moment d’empoigner la dernière pierre, le seigneur de Laustania mis le feu devant le poulailler, et le coq, effrayé, croyant que le soleil l’avait devancé, se mit à chanter. Mais il restait encore une pierre à poser du côté des laminak…
Le dernier lamin, tenant la dernière pierre, poussa un hurlement aigu et du fond de la rivière jeta la dernière pierre qu’il tenait dans ses mains. Mais elle resta coincée à tout jamais au fin fond de l’eau : les laminak la retiennent encore aujourd’hui avec leurs griffes. Et depuis lors, il manque une pierre au château de Laustania !

Moralité mes amis : la modestie est une vertu (le seigneur de Laustania aurait bien fait de s’en rappeler) et les laminak et les coqs ne font pas bon ménage ! Je les aime bien nos petits lutins, avec leurs côtés malicieux. Maintenant, je voudrais vous présenter un personnage, un peu plus grand et un peu plus sauvage .. juste un peu ..

# BASA
JAUN

Basajaun, l'homme fort

Alors déjà petit rappel de prononciation : basa, le dire “bacha” et jaun, le dire “diaoune”. En gros, vous pouvez décomposer ce nom en “basa” qui veut dire “sauvage” en basque et “jaun” qui veut dire “seigneur”. Et donc maintenant vous l’aurez compris, Basajaun, c’est le seigneur sauvage, le seigneur des montagnes.

Je vais vous dresser un petit portrait du seigneur, vous allez voir qu’il est très avenant. C’est un géant ! Il est vraiment très grand. Il est couvert de poils (charmant me direz-vous !). C’est lui le protecteur de la montagne et des forêts et d’après ce que je sais il aurait élu domicile sur le plateau d’Iraty.

Mais comme tout bon sauvage, monsieur ne vit pas tout seul en haut de sa montagne. il est accompagné de Basandere, son épouse, la “dame sauvage”.

Mais comme tout homme fort, notre Basajaun a ses faiblesses … mais laissez-moi vous raconter …

Chapelle St Sauveur - Mendive

Rien ne résiste à une chapelle

Notre bon sauvage était propriétaire d’un magnifique chandelier en or (notez bien le “était” vous comprendrez pourquoi). Un jour, un berger (“artzain” en basque) audacieux réussit à s'en emparer … mais Basajaun n’est pas dupe, et s’est vite lancé à ses trousses. Le berger n'a eu la vie sauve qu'en entrant dans la chapelle Saint Sauveur de Mendive toute proche de la forêt d’Iraty. Car Basajaun, comme toutes les créatures mythiques, est arrêté par les édifices, les signes religieux, le son des cloches. Il existe autour de la chapelle Saint-Sauveur plusieurs récits mettant en scène des conflits entre bergers et êtres fantastiques. La légende ajoute que le fameux chandelier d'or noircit d'un coup lorsque les Espagnols incendièrent la chapelle.

Moralité : et bien …. Basajaun n’a jamais récupéré son chandelier vu qu’il est impossible de le déplacer, maintenant qu’il est dans la chapelle !

Le passé façonne l'avenir !

Peio