Tour trophée d'Urkulu - Au dessus de St Jean Pied de Port

Un tour au pied d'une tour ...

 J’ai été faire un tour en montagne … bon pas étonnant venant de moi me direz-vous ! Cette fois-ci, j’ai fait une rando en soirée, accompagnée par les guides de chez Mendi Gaiak, un groupe d’accompagnateurs en montagne. Départ de l’office de tourisme de St Jean Pied de Port tous ensemble et direction le col d’Arnostéguy, à environ 30 min d’ici. Suivez- nous, moi et mes neuf compagnons pour une rando nocturne, à la rencontre d’un berger et pour tutoyer les étoiles ….

Naia Votre guide nature et montagne
# LAI
NOA

Brouillard

Une fois tout là-haut (environ 1200 m d’altitude), nous avons un invité surprise qui se joint à nous …. “lainoa” (le brouillard en basque). Quand cela ne tienne ce n’est pas un peu de nuages qui va nous décourager ! Plein d’entrain, c’est partie pour 5 km de rando, ponctués des explications de nos guides du jour (ou plutôt du soir !) : Patxi, Vivi, Denis et Eñaut. Au bout de quelques minutes de marche, surprise, plus de brouillard. Une fois cette couverture partie, nous nous retrouvons face aux sommets et à l’Espagne ! Wow ! Le fond de vallée est encore embrumé que nous sommes en plein soleil avec du ciel bleu ! Le contraste est saisissant.

# HIS
TO
RIA
Vestige d'un domen sur Urkulu

Dolmens, cromelchs et tumulus

Patxi en profite pour attirer notre attention sur, ce qui paraît être à première vue un amoncellement de pierres … Mais en y regardant de plus près, et grâce à ses indications, nous nous rendons compte que nous sommes face, non pas à de simples cailloux (profanes que nous sommes !) mais à un ancien dolmen ! Bon alors c’est pas la Bretagne, mais quand même, on retrouve la structure du dolmen avec deux pierres verticales et une horizontale, posées sur les deux premières. Très intéressant tout ça !

Nous faisons quelques pas et  … un trou. “Naia, rien que de très banal en montagne” vous me direz. Et c’est vraiment un gros trou. Denis nous explique que nous sommes là devant le vestige d’un tumulus. Gros effort d’imagination, puisqu’il y a quelques milliers d’années (bah, une bagatelle !), je n’aurais pas été en face d’un trou mais d’un monticule de terre. Et oui ! Et non, ce n’est pas un nid de vaches ….

Un peu plus loin, on remarque un certain nombre de cailloux, en cercle. Une embuscade ? Perdu ! Ce sont là les vestiges d’un cromlech. Alors un cromlech, c’est un cercle de pierres levées, qui date de l’époque préhistorique. Un vieux, trèèès vieux monument funéraire, qu’il n’est pas rare de rencontrer dans nos montagnes.

Petite précision de Patxi et Vivi : vu la taille des cailloux à transporter et le temps que devait prendre la réalisation de ces monuments, c’était sûrement les sépultures de personnages importants.

# ER
RO
MANO

Deux mille ans d'histoire en vingt pas

Nous sommes en pleine protohistoire. Et là boum ! Denis nous fait faire un saut dans le temps de 2 000 ans. L’extrémité de l’endroit où nous nous trouvons aurait servi aux romains, qui y auraient sûrement construit un poste de surveillance, pour contrôler la frontière ! En même temps, c’est assez logique vu que la tour d’Urkulu, vers laquelle nous nous dirigeons a été construite par les romains. Justement en parlant de la tour, il est temps de reprendre notre marche pour s’en rapprocher.

Notre petit groupe se remet donc en mouvement pour une petite grimpette. Et tiens ! Notre ami le brouillard a décidé de se joindre à nouveau à nous ! Même pas peur, avec quatre accompagnateurs aguerris aucun risque de se perdre. Et je vous assure que c’est vrai : de vrais limiers, nos quatre guides, qui arrivent à se repérer alors même que nous sommes entourés d’un épais manteau gris !

# HAR
RIAK

Le soulèvement des pierres

Entre deux histoires (oui, on blague beaucoup ce soir !),  Patxi attire notre attention sur l’aspect du massif rocheux. En effet, ça fait comme de grosses stries, qui donnent un aspect singulier à la montagne. Nous sommes aussi amenés à observer des traces de fossiles …. marins ! Euh .. un moment on se demande si Patxi ne se trompe pas … Que nenni ! Il se trouve qu’il y a fort fort fort longtemps (j’insiste sur le “fort”), ce n’était pas une montagne mais une mer chaude !

Quelques temps plus tard (juste quelques milliers d’années), le coup de foudre géologique entre la France et l’Espagne entraîne le soulèvement des Pyrénées … Et donc cela explique que nous retrouvions les fossiles de nos petits amis marins à 1200 m d’altitude !

# DOR
REA

Urkulu, tu es à nous !

Voilà environ 1h30 que nous sommes partis et au détour d’un trou dans le brouillard (ah oui il est toujours bien présent notre invité non-invité !), nous l’apercevons enfin ! Cette fameuse tour trophée. Encore une idée des romains, histoire de bien marquer leur territoire, ils ont construit cette imposante tour à 1423 m d’altitude. Et le choix n’est pas anodin. En effet, de n’importe où d’où l’on venait, on ne pouvait que l’apercevoir. Le message était on ne peut plus clair : chasse gardée ! Attention quand même à la montée sur la tour : elle a beau avoir réduit en terme de taille, la marche reste haute !

# IZAR
RAK

Kayolar et constellations

Direction le kayolar de Jean Bernard, berger sur Urkulu, qu’il vous fait découvrir en été uniquement. Pourquoi ? Parce que le kayolar, c’est la maison d’estive (d’été) des bergers basques. Il nous montre la salle où il fabrique le fromage et le saloir. Le saloir, c’est là où il affine le fromage. C’est chez lui nous faisons le pique nique (fourni par nos accompagnateurs préférés !). Bon, ce soir ce sera pique nique en intérieur, vu que le brouillard n’a pas daigné nous quitter. Un moment très convivial !

Mais déjà, il faut repartir et en sortant de chez Jean Bernard, surprise ! Plus de brouillard du tout ! Super! La voûte céleste se déroule autour de sommets et la lune éclaire nos pas .. même si elle joue de temps en temps à cache cache avec quelques nuages, la nuit est très claire ! Malgré la distribution de lampes frontales, nos guides nous demandent de jouer le jeu jusqu’au bout et de tester la marche de nuit …. Hum … risqué non ? Et bien non, au contraire ! On se concentre sur le sentier, mais en même temps nos yeux s’habituent à l’obscurité et on distingue de mieux en mieux notre environnement au fur et à mesure de notre avancée. Top ! Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin … environ 30 min plus tard, c’est le retour aux voitures !

Si je fais le point ...

Voyons voir un peu le bilan de cette soirée :

  • la compagnie était agréable ? oh que oui !
  • Saut dans le temps assuré et découverte très ludique du massif, avec nos quatre guides qui sont hyper calés sur le sujet et qui répondent à toutes nos questions
  • des rencontres : bon déjà avec nos guides et ensuite avec le berger
  • une pause gastronomique savoureuse (en plus vous pouvez acheter le fromage directement au kayolar de Jean Bernard : il en fait des petits de 1kg - 1,5kg, que vous pourrez facilement ramener)
  • sans oublier que nous avons vu la tour d’Urkulu : mais si vous voulez y retourner, il suffit de télécharger la fiche sur le site de l’office de tourisme, u d’aller directement les voir !

Si vous voulez vous aussi rencontrer les guides de Mendi Gaiak, il vous suffit de vous inscrire à une de leurs randos à l’office de tourisme :

  • pour rencontrer Jean Bernard, c’est la rando “Rencontre avec un berger”
  • pour aiguiser votre vision de nuit, c’est la rando “Randonnée au coucher du soleil”

C’était plutôt une bonne, je dirais même une très bonne soirée !

Alors vous venez quand ?!

Naia