marché st jean pied de port
# KUL
TU
RA

Imanol et l'art de vivre

Il y a de fortes chances que vous me croisiez en soirée dans des fêtes de villages, soit en train de danser ou en train de chanter. J’ai dansé dans le groupe de danses de mon village pendant près de 10 ans et j’ai appris le basque, tout petit, à la maison avec aita et ama (papa et maman). C’est vrai que j’aime m’amuser, danser, chanter ou disputer une petite partie de pelote avec les copains. Je suis un bon vivant et ce que j’apprécie par dessus tout … c’est bien manger ! Et pour ça, je pense que je suis né au bon endroit. Rien de meilleur que du pain avec une tranche de xingar (jambon) et un morceau d’ardi gasna (fromage de brebis) ! On est une terre de passionnés ici. Depuis tout petit, je suis admiratif de nos artisans qui créent de véritables œuvres d’art à partir de  bois, de terre, de verre …. et plus étonnant encore  …. de peau de truite.

Imanol Votre guide Art de vivre
# GOR
MAN
DIZA
Fromage ossau-iraty

Bien manger, c'est important !

Je vous propose de commencer pour l’apéro par une planche fromager-charcutier : des belles tranches de jambons Kintoa et de fromage de brebis AOC Ossau-Iraty. Des produits bien de chez nous : les cochons Kintoa, noir et rose, parcourent les Aldudes, pendant que les brebis manex refont une beauté aux pâturages ! Ensuite, arrosons le tout avec un verre de rouge, rosé ou blanc AOP Irouléguy. Un des plus petits vignobles de France, mais hardi ! Vous faites quelques kilomètres en voiture de St Jean Pied de Port à St Etienne de Baïgorry, et en tournant la tête à droite et à gauche, vous voyez les vignes qui dévalent les coteaux. Je me fournis soit directement chez le producteur (comme ça j’en profite pour faire une petite visite du chai et des vignes) ou alors directement à la cave coopérative, qui est à St Etienne de Baïgorry, mais pas ailleurs. 

Un peu de poisson ? Ah ! vous êtes nombreux à arpenter les rives de la Nive, armés de canne à pêche, pour taquiner un peu notre truite fario. La plus connue dans nos assiettes, c’est la truite de Banca. Je m’approvisionne directement à la pisciculture, ce qui me permet de faire un petit tour près des viviers, histoire de voir comment se porte l’animal. Côté préparation, en lasagnes, en ceviche, fumées, ou juste grillées à la plancha …. vous avez le choix !

Le dessert c’est ce que je préfère, et je vous propose …. du chocolat ! The place to go par ici : la chocolaterie artisanale de St Etienne de Baïgorry. Olivier transforme lui-même ses fèves de cacao, choisies par ses soins. Ce n’est pas une production à grande échelle ce qui lui permet d’avoir des produits de qualité à proposer. Olivier travaille le chocolat, pendant que Hélène travaille le praliné. Autant vous dire que quand j’y vais, c'est avec du temps ….. impossible de choisir entre tous les chocolats et pralinés ! Du coup, je craque souvent pour un ballotin : entre orangette, praliné, choco-framboise … ils ne font généralement pas long feu chez moi ….

# ESKU
LANGI
TZA
Poteries Goicoechea

Un travail bien fait

Si on me donne une pala et un fronton je me débrouille pas trop mal. Donnez moi de l’argile et une corde, je n’en ferais pas grand chose. Par contre, la famille Goicoechea à Ossès, a su quoi en faire. Chez eux, on est potier de père en fils depuis maintenant trois générations. De nouvelles collections, des couleurs éclatantes, ce tour de main est bien conservé par la famille. Et il est un secret bien gardé : celui des poteries faites “à la corde”. Une technique réservée pour les plus grandes créations, dont j’ai eu un aperçu au cours du petit circuit dans la manufacture …

A St Jean Le Vieux, juste après l’église se trouve un atelier. “Souffleur de verre” indique l’enseigne.  Je reste fasciné par la précision du geste, quand Alexandre prend ses pinces pour travailler une boule de verre en fusion. J’apprends que ce qu’il fait là, c’est un travail “à la canne”. Il m’explique qu’il utilise les pinces surtout pour faire des formes animalières. Quand il travaille le verre dans la masse, c’est pour des objets sculptures comme des presse papiers. Je découvre qu’il existe d’autres techniques pour travailler le verre … et la couleur … mais je garde le secret …

Par chez nous, on maîtrise le bois. Entre la forêt d’Iraty, le massif des Arbailles, et aux Aldudes, la forêt d’Haira, on gère. Et cette matière, je peux vous dire que Annie sait le travailler. Dans son atelier du bourg d’Urepel, aux Aldudes, elle laisse parler sa créativité. J’admire la technique, mais aussi la passion que je sens pointer quand elle me parle de son métier. Les pièces sont uniques. Eh oui ! Elle est seule et sculpte tout à la main !

Je vais aussi vous parler d’un truc pas banal, comme matière première : le lait de brebis. Là vous êtes en train de vous dire : “Dia ! il a perdu la boule Imanol ou quoi ?!”. Ez ! Je pousse une porte et derrière cette porte … une savonnerie. Et pas n’importe laquelle, puisque il s’agit de la savonnerie artisanale de St Etienne de Baïgorry, la seule de la région. Audrey et Serge m’expliquent qu’ils fabriquent, entre autres cosmétiques, des savons à base de lait de brebis. Au passage, j’en apprends plus sur la méthode ancestrale de saponification qu’ils utilisent … mais que je ne dévoilerai pas …

Dernier arrêt, un savoir faire nouveau-né par chez nous : la maroquinerie en peau de truites …. de Banca ! En allant faire un petit tour du côté de la mode, le succès a été au rendez-vous. Peio (troisième génération de pisciculteur), m’explique que ce projet a mis du temps à voir le jour. Il l’a d’abord mûrement pensé avant de le concrétiser. Ils ont bien fait les choses : ceintures, pochettes, porte-feuille, bracelet …. la gamme est variée. Au passage, Peio me glisse qu’il s‘est associé avec un artisan sandalier de Soule. Des espadrilles en peaux de truites …belle rencontre de deux savoir faire basques non ?

# KUL
TU
RA
Fêtes baigorri

De bons vivants ...

Deux équipes de grands gaillards, chacune de part et d’autre d’une corde, marquée en son milieu, ça vous parle hein ? On appelle ça le soka tira : le tir à la corde. C’est plutôt l’été que ça se passe. Et oui, comme c’est dehors, la pluie c’est jamais très pratique pour jouer ! Je m’y suis frotté à cette corde avec quelques copains … pas facile de tirer et résister en même temps. Mais la force basque ne se résume pas au tir à la corde : lever de paille, lever de charrette (et pas en plastique je peux vous le dire...), course de bidons de lait ou encore lever d’enclume .. entre autres.

Les parties de pelote ... c’est là que vous me verrez le plus souvent traîner ! En hiver, vous verrez souvent des parties en trinquet (en intérieur). Dès que je peux, je vais voir la partie de pelote à mains nues, le lundi soir, au trinquet de St Jean Pied de Port.  Pour moi de vrais virtuoses ces pilotari : cette puissance dans les mains et les bras et cette vitesse ! J’ai une copine qui joue aussi à la pala (et oui la pelote c’est pas que pour les gizonak (garçons!) et un copain qui joue aussi à la chistera (vous savez ces espèces de paniers en osier, courbés).

J’ai fait la fierté de ma mère, ancienne danseuse aussi, quand je lui ai dit que je voulais faire partie du groupe de danse de mon village. J’adore la danse basque. Mort de trouille pour mon premier spectacle, j’étais quand même très fier dans mon costume : chemise et pantalons blancs, béret vissé sur la tête. On était en rang, prêt à démarrer la cavalcade. Les musiciens ont entonné les premières mesures et là … ça me démangeait de danser et sauter ! Envolé le stress ! Aujourd’hui, c’est mon petit cousin Eneko qui a pris la relève !

C’est pendant les repas de familles ou les méchouis que j’ai appris la plupart des chants basques que je connais aujourd’hui. Pendant les fêtes, vous risquez de nous entendre souvent chanter. Mais kasu ! la musique et le chant ne se résument plus juste aux fêtes de villages. Notre culture musicale a su évoluer avec son temps. Des gizonak et neskak (filles) de chez nous sont devenus de vrais artistes avec de vraies carrières ! Et ils chantent en basque. On a des groupes de pop, de rock … de tout quoi. Perso, j’aime beaucoup écouter Izarrak, Kalakan ou Itoiz.

J'ai aussi appris le basque à la maison. Je l’ai appris à l’oreille comme on dit. Longtemps ça a été le seul mode de transmission de cette langue : la tradition orale. Maintenant on peut apprendre le basque directement à l’école. L’enseignement tout en basque, il se fait dans les ikastola (“i-cache-tola”) et les enfants peuvent aller de la maternelle au lycée. Pour ceux qui préfèrent un enseignement en bilingue, on a les ikas bi. On ne parle plus le basque que à la maison. Souvent le matin, en allant au boulot, j’écoute Irulegiko Irratia. La radio diffuse les nouvelles en basque. Je peux aussi acheter Herria, un journal local en basque. De temps en temps, je regarde à la télé Kanaldude, la télé en basque. Bref l’euskara vit avec son temps !

Vous la sentez, notre douceur de vivre ?!

Imanol